COMMENT LÂCHER-PRISE EN MÉDITANT ? VIVRE MA MULTIPLICITÉ

Quel rapport le lâcher-prise peut-il avoir avec la méditation et la pleine conscience ?
Que faut-il lâcher ? Et sur quoi avons-nous prise ?

JE SUIS UNE PLURALITE

Je suis Estelle, vous êtes Sylvie, Pierre, Martine : individualité composée d’une pluralité de petits égos : plusieurs petits « moi », qui s’érigent les uns contre les autres : l’un voulant ceci, l’autre voulant cela, chacun tirant la couverture à soi, à qui s’exprimera le plus fort pour prendre le contrôle intérieur, à qui fera entendre sa voix et imposera son dictat.
Ces multiples facettes plutôt que d’être nourries dans leurs besoins, en intelligence collective, se croient séparées du tout, le Soi. Vous comprenez qu’en l’état des choses , je suis loin de la pleine conscience. La méditation va par l’introspection me faire comprendre que je suis la somme de ces parties : le Moi ( les Moi) et je suis bien plus, je suis le Soi, la source, l’âme, le self, Dieu, la vie : appelez cet espace comme vous le voulez…
Lâcher prise, c’est comprendre que je suis multiple.
C’est accueillir cette pluralité à l’intérieur de moi, c’est savoir et sentir la différence de couleur, de vibration, de croyance de chacune de ces parts et c’est s’ accompagner, accompagner tout ce beau monde intérieur, en lui donnant la main pour le guider, à la croissance sereine de l’ être que je suis. Contrairement à ce qu’on pourrait vouloir : on ne se débarrasse pas de l’égo, de l’une de ces parts égotiques qui nous enquiquine , on l’ aide, on l’ accompagne…

UNE PART DE MOI PEUT VOULOIR ÊTRE ENTENDUE, VOULOIR A TOUT PRIX quELQUE CHOSE ET PRENDRE TOUTE LA PLACE

Lâcher prise, c’est accueillir que, peut-être, en ce moment,  une partie de moi prend toute la place en moi et ne montre, à l’extérieur,  que cette facette de moi. Par exemple, je suis en ce moment tellement triste que je crois être la tristesse que les autres ne voient que ma tristesse.Quand j’accueille cette tristesse et que j’observe le vivant en moi, je sais, je sens qu’il y a d’autres parts qui sont vivantes à l’intérieur de moi. Peut-être, j’ai une part qui est en colère parce que la tristesse prend toute la place. Peut-être qu’une part de moi a peur d’écouter la tristesse et se dit : si on écoute la tristesse, cela va être terrible, on va déprimer à un tel point que c’est la dépression assurée. Et j’ai peut-être une part qui a envie d’êtr ejoyeuse et qui n’a pas la place pour cela, vu que la tristesse prend toute la place.

JE SUIS L’OBSERVATEUR BIENVEILLANT : LA SOURCE, L’ÂME, LE SOI….LA PRÉSENCE

Quand je ne suis pas l’observateur de tout ce vivant en moi,  il y a toute ces petites voix, toutes ces parts qui ne sont pas d’accord. Elles sont sur le devant de la scène, à l’intérieur de moi, et je me sens dans une lutte intérieure. J’ai à peine conscience de toute ces parts, c’est confus et du coup je me laisse envahir, submerger. Quand j’accueille, j’ arrête de lutter, j’arrête de perdre mon énergie, à me laisser agir par toutes ces parts, j’arrête d’être tiraillé par toutes ces  divergences intérieures incessantes qui ne nourrrisent pas la croissance de mon être. Accueillir, c’est lâcher prise sur les résistances, c’est accepter  que la situation n’est pas comme je voudrais qu’elle soit ! Car dans ce cas de figure,  je cherche à l’extérieur les responsables de cette situation, j’accuse peut-être, je cherche comment cette situation pourrait être différente..Et je peux perdre mon temps et mon énegie à me dire : et si l’autre changeait, …et si les circonstances changeaient. Dans ce cas, je ne suis pas dans l’accueil, je suis dans la résistance. Je ne lâche pas prise. Et je peux observer que c’est une part de moi qui veut absolument changer , avec force et volonté, ce qui est.  Et évidemment, quand j’adopte ce postionnement, souvent, la situation reste ce qu’elle est voire prend de l’ampleur négative.

L’ACCUEIL : JE PEUX ACCUEILLIR TOUTES MES PARTS, LES ACCOMPAGNER DE L’ESPACE DE MA PRÉSENCE

Et je comprends qu’il n’est pas facile de saisir que c’est en adoptant une position d’accueil que la situation peut évoluer, changer , se transformer vers ce que l’on souhaite. Lâcher- prise, c’est faire un pas de recul à l’intérieur de soi,  c’est me positionner en tant qu’observateur, c’est accueillir. D’ailleurs, je préfère le mot ACCUEIL que lâcher-prise. A partir de mon SOI, cet observateur bienveillant,  j’accueille la multiplicité de mes parties, calmement, en curiosité de ce qui est. De mon Soi, de mon Self, de ma source, je peux accompagner toutes mes parties toutes différentes, sans jugements. Quand je ne suis pas dans la position de l’observateur, je suis une de ces parts  et donc je me sens séparé, seul, impuissant, fatigué…ou que sais-je encore ..J’essaie de controler au lieu d’accueillir. Lâcher- prise, c’est  commencer  à créer l’harmonie à l’intérieur de moi, à mettre toutes ces parts à l’unisson.  Quand je leur porte à chacun d’elle mon attention, je leur donne de l’amour, et j’apprends, ainsi,  à avoir , plien d’amour pour moi même. En remarquant et en prenant conscience de ma multiplicité, je ne nie pas mon individualité, Marie reste Marie, la vague fait partie de l’océan et elle  reconnait les autres vagues comme des expressions de ce qu’elle est au plus profond.

MON MONDE EXTÉRIEUR EST LE REFLET DE MON INTÉRIORITÉ

A l’image de mon intériorité dont les parties se sentent séparées et en lutte, à l’extérieur,  je me sens séparé et en lutte.  Et j’adopte des comportements pour avoir raison et m’opposer à l’autre. J’essaie de faire que l’autre soit à l’image de ce je veux qu’il soit, je n’accepte pas sa différence et je peux l’accuser d’avoir des comportements qui me mette en souffance. Ou bien je peux subir ou fuir la situation ou l’autre…c’est encore une forme de lutte. Alors que la seule chose que je devrais faire, c’est écouter attentivement et avec amour ce qui se vit en moi (par ou grâce à l’autre ou à la situation)   et faire des choix pour nourrir mon être sans vouloir changer l’extérieur. Je peux juste me retirer de cette situation en conscience ou trouver, toujours en conscience, des accords, des positionnements pour que la situation évolue. Le lâcher-prise se réalise quand mes  parties en moi ne sentent plus séparé de mon Soi. En moi, Il n’ y a plus de part pour exiger qu’une autre part soit à l’image de ses critères. Et donc à l’extérieur, dans ma vie,  il n’y a plus de moi pour exiger  que l’autre soit autre que ce qu’il soit. Il n’y a plus de partie qui contrôle toutes les autres parties ou qui tente de contrôler. Et chacune peut accepter que les autres soient présentes et uniques et que chacune ait un rôle à jouer.

LA PLEINE CONSCIENCE : ÉTAT D’ÊTRE QUI PERMET D’ACCUEILLIR MA PLURALITÉ

Le lâcher-prise se réalise quand  je commence à être en pleine conscience que ce qui est est, et que je peux accueillir, accepter qu’une  partie de moi, en moi est différente de ce que je voudrais qu’elle soit, et peut-être même me fait-elle  faire des trucs que je n’aime pas et peu importe ce que cela peu être : procrastiner, être violent, avoir peur…..m’accueillant ainsi,en bienveillance curieuse,  accueillant toutes mes parties alors je suis à même d’accueillir aussi à l’extérieur les autres et leurs différences : leurs différents point de vue et la variétés de leurs  comportements.

Voilà, mes amis , le pouvoir de la méditation, ce merveilleux pouvoir de l’accueil, de la compassion…

Vous comprenez que dans la réalité, au quotidien, dans ma vraie vie, je me sépare des autres quand un des mes petits moi, quand une de mes parties  prend toute la  place,  quand par exemple :  ” je réagis fortement quand  mon enfant fait une crise”, ” je n’accepte pas de vivre une situation : une partie de moi à l’intérieur s’y oppose sans être entendue, reconnue” alors une partie de moi va tenter de contrôler , pour assouvir son désir qu’il devrait en être autrement, c’est à dire comme elle veut que cela soit. Et mon mental, mon ego refuse ce qui est. Il se fait des films sur ce que devrait être le futur, sur ce qui aurait du être dans le passé, avec des discours autour de “si”, “quand”. De cette manière,  je ne suis pas  au présent, dans l’ici et maintenant à accueillir ce qui est.

LE LÂCHER-PRISE, C’EST AUSSI ARRÊTER DE CONFONDRE TEMPS CHRONOLOGIQUE ET TEMPS PSYCHOLOGIQUE

Le lâcher-prise se produit quand mon mental ne confond plus le temps psychologique du temps chronologique.  Lâcher-prise c’est rester ici et maintenant , c’est agir à chaque instant à contribuer à la vie, à ma vie et cela implique de passer à l’action en envisageant le long terme, sans faire de projection négative dans la peur et le doute : advienne ce qu’il doit advenir, je ne suis pas angoissée par l’attente de quelconques  résultats car je sais que je fais ce qu’il faut à chaque instant.

Et souvent , nous confondons lâcher-prise avec “ne plus être investi” ou ” se laisser aller” alors que cela signifie lâcher-prise sur mes limites, sur le désir de contrôle, sur mes conflits intérieurs que je peux reconnaître . Ainsi je peux poursuivre sans mes pensées parasites, mon chemin en conservant mon énergie et en l’investissant là où cela est le plus profitable à la révélation de mon être et à la réalisation de mes objectifs.

Quand je renonce à contrôler, je ne tergiverse pas sur l’obtention d’un résultat, je suis complètement à ce qui est, à ce qui se vit, se fait ,  ici et maintenant, je ne perds pas mon temps à me demander si il y aura des garanties de résultat,  je ne suis pas non plus dans une exigence de perfection  qui souvent m’amène à procrastiner, je suis dans l’ excellence de mes possibles, je m’accepte tel que je suis, je suis investi à planter les graines de mon projet, de mes envies, dans la joie et dans une confiance à la vie, j’exerce ma responsabilité = mon habileté à répondre à la vie et je lâche ma prétention à vouloir contrôler l’ “à venir”.

“Donnez-moi, la sérénité d’accepter les choses que je ne peux changer, `

le courage de changer celles que je peux changer et la sagesse d’en voir la différence.”

Devise des AA

LE LÂCHER-PRISE EST AVANT TOUT UN ACCUEIL

En résumé lâcher-prise, c’est accueillir mes limites et le fait que parfois je rencontre des difficultés et que c’est ok, cela est temporaire, tout est impermanence. C’est accueillir cette ou ces parties de moi qui veulent contrôler, c’est faire ici et maintenant ce qu’il m’est possible, du  meilleur de moi à chaque instant.

Pour parvenir à lâcher-prise : 

  • Prenez le temps d’écouter le vivant à l’intérieur de vous, ressentez quelle est la partie de vous qui fait de la résistance, recevez la comme un enfant,  tout en bienveillance.
  • Restez curieux !
  • Ne commettez pas l’erreur de vouloir repousser cette partie de vous, écouter ses besoins.
  • Accompagnez la partie de vous qui en a le plus besoin, écoutez la, comprenez la afin d’interagir à l’intérieur de vous en harmonie. De votre Soi, de votre Self ou votre source ou de cette place de l’observateur,

Ainsi votre lâcher-prise intérieur se reflètera à l’extérieur et de cette manière vous laissez de la place à la vie qui sait être créative.

2018-04-27T15:41:49+00:00